[Littérature jeunesse] Le peintre chez Nobi Nobi

[Littérature jeunesse] Le peintre chez Nobi Nobi

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Le peintre

Éditeur : nobi nobi!
Auteurs : NASHIKI Kaho (scénario) et DEKUNE Iku (illustration)
Genre : album jeunesse
Date de sortie : Février 2014
Prix : 13,50 €

Résumé de l’album

Shinya, jeune peintre en bâtiment, est apprenti.
Il fait un double apprentissage, celui de la vie, sur les traces d’un père qu’il n’a pas connu, et celui des couleurs, dont la palette infinie exprime la gamme tout aussi complexe des sentiments.
Sur le bateau qui le mène à la recherche de la tombe de son père, une mystérieuse inconnue lui remet le pinceau de celui-ci, qui était peintre lui aussi. Un jour, il devra l’utiliser pour peindre ce bateau en blanc. Mais pas de n’importe quel blanc… du blanc d’Utrillo.
Tout au long de sa vie, ce pinceau inspirera Shinya dans sa quête du coloris juste, celui qui rendra les gens heureux.

Critique

nobinobi-le-peintreComme pour 1000 vents, 1000 violoncelles que j’ai déjà chroniqué, Le peintre est une ancienne lecture de ma part. Je crois que chez nobi nobi! ces albums, classés hors collection, sont ceux qui m’ont le plus marqué. D’ailleurs, un autre album La maison en petits cubes, en fait partie aussi. Tout comme Le peintre, c’est un album japonais que je trouve extrêmement proche de certains album jeunesse occidentaux en terme d’illustration. Le dessin est très européen à mes yeux, ou du moins, très loin des dessins habituels des illustrateurs japonais.

Et cela peut surprendre. À l’inverse, le scénario fait très japonais dans sa manière d’être. Aussi bien dans sa réflexion que dans le message véhiculé. Un étonnant mélange qui détonne mais qui pourtant, fonctionne à merveille. Cet illustrateur a un coup de crayon proche des impressionnistes. Ses dessins ressemblent en effet beaucoup à la façon dont les peintres de ce mouvement fonctionnaient. C’est-à-dire avec d’innombrables traits ou points diffus qui une fois ensemble représentent quelque chose d’assez poétique et onirique.

nobinobi-le-peintre-2L’histoire en elle-même rejoint ce point. On a l’impression de traverser un songe. Pourtant le personnage principal casse un peu l’image diffus qui l’entoure. Car il est en effet représenté de manière très brute à l’instar de la couverture qui montre bien à quoi ressemble l’intégralité de cet album. Chaque page et double-page est dessinée ainsi : un fond assez diffus, à l’instar du flou démontré dans les rêves, avec au centre de la page quelques morceaux bruts comme Shinya ou le décor (des murs, le pont d’un navire, une maison…).

D’une certaine façon, on est extrêmement déroutés en regardant les images, alors même que le texte est magnifique et nous transporte véritablement dans la vie de ce peintre pas comme les autres. Oui car grâce au pinceau de son père, obtenu de manière assez étrange, tel un rêve, il va accomplir des prouesses bien malgré lui, à sa façon. Tout est réalisé en fonction de ce petit homme qui va vivre sa vie presque comme un rêve jusqu’à la toute fin.

nobinobi-le-peintre-3Je peux dire que le côté poétique, extrêmement présent, m’a conquise. J’avais été attirée par ce titre dès la publicité qu’en avait fait l’éditeur sur sa page facebook à l’époque. Et j’étais attirée par le côté évanescent tout en étant dur de par le personnage principal qui a un dessin vraiment très particulier, très occidentalisé presque.
L’histoire en elle-même semblait simple, mais au final ce conte, car à mes yeux il s’agit bien d’une telle prouesse scénaristique, est particulièrement beau et onirique. On se laisse aller à la contemplation de cet album avec plaisir. On regretterait presque qu’il possède une fin tant il était superbe du début à la fin.

Peut-être un dessin assez original pour des enfants. Mais pas pour nous, grands enfants. C’est un album qui nous sied à merveille. Un petit bijou comme on en voit peu et dont les japonais sont doués pour les faire. Je ne peux que le conseiller fortement. L’édition est vraiment belle. La couverture cartonnée possède un satin rendant justice fidèlement aux couleurs de la couverture et au reste du livre. Quant à l’intérieur, une traduction soignée tant la compréhension des mots est aisée et un papier glacé adéquat.
On rêve de couleur avec ce peintre. Et on suit le cours de sa vie avec envie presque, tant de légèreté et de simplicité, cela touche forcément.

Retrouver l’actualité de l’éditeur sur son site internet, sur sa page facebook ou sur son twitter.

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