[Album] 1000 vents, 1000 violoncelles : une note tendre

[Album] 1000 vents, 1000 violoncelles : une note tendre

1000-vents-1000-violoncelles1000 vents, 1000 violoncelles
Éditeur : nobi nobi!

Auteur : Hideko Ise
Genre : album jeunesse
Date de sortie : Mai 2010
Prix : 14,50 €

 

 

Résumé de l’album :

Page_3_1000_vents_1000_violoncellesDeux enfants et un vieux monsieur, unis par leur passion commune du violoncelle, décident de participer au concert «1000 violoncelles» destiné à recueillir des fonds pour reconstruire la ville de Kôbe suite au tremblement de terre de 1995.
Le récit évoque en filigrane, sans que ce mot ne soit jamais employé, le traumatisme lié à toute perte : la destruction de la ville pour la fillette et le vieux monsieur, la disparition de son chien pour le garçon. La participation à ce concert va être l’occasion pour chacun des personnages de «revenir à la vie» grâce au pouvoir salvateur de la musique.

Œuvre atypique de par ses illustrations à l’aquarelle et son récit, 1000 vents, 1000 violoncelles l’est aussi de par l’histoire de son auteure. Hideko Ise, illustratrice de talent et violoncelliste émérite, s’est rendue à Kôbe après le tremblement de terre, son carnet de croquis à la main. Mais là, devant l’ampleur du désastre et la désolation, elle n’a pu retranscrire ses émotions sur le papier. Ce n’est que quelques années plus tard, lorsqu’on lui demande de participer au concert «1000 violoncelles», qu’elle a pu se libérer et écrire cette histoire délicate et initiatique.

Critique :

C’est l’un des trois premiers livres à être sorti chez nobi nobi!. Il a comme vocation et stratégie éditoriale de publier des albums jeunesse d’origine japonaise. Aujourd’hui l’éditeur appartient à Pika qui l’a racheté en avril 2016. Ceci afin d’offrir une force supplémentaire à son catalogue jeunesse, et pour permettre à nobi nobi! de tenir sur le marché qualitativement.

Page_5_1000_vents_1000_violoncellesC’est également le premier livre de chez nobi nobi! que j’ai lu. Et j’ai donc découvert l’éditeur de cette manière. Cet album m’a tellement marqué à bien des niveaux que je l’avais pris comme sujet pour un travail de cours. Oui, lorsque j’étais en Licence Professionnelle (il y a quelques années). On devait effectivement agrémenté un blog avec des articles sur des livres. Il en fallait un en direction de la jeunesse et un autre en direction des adultes. J’ai choisi naturellement 1000 vents, 1000 violoncelles car je voulais faire découvrir le travail de cette auteure/illustratrice. Et surtout sa vision du tremblement de terre de Kobe qui avait eu lieu en 1995.
Je souhaitais mettre en avant son incroyable talent avec l’aquarelle qui est tout en finesse mais également très efficace. Et c’est pour cela que j’ai décidé de le ressortir de mes placards pour vous.

On apprécie de suivre les images, page après page. Ainsi que l’histoire, qui s’adresse à des enfants sachant déjà lire : donc aux alentours de 8 ans et plus. Mais c’est un album que les adultes eux-mêmes peuvent lire et découvrir. Et je dois dire que je rêverai de rencontrer l’auteur : Hideko ISE. J’ai été tellement chamboulée par ce livre…

Mais plutôt que de vous refaire une critique trop détaillée, je vais vous remettre mon texte de l’époque. Je ne l’ai pas repris, je l’ai laissé tel quel. Il faut néanmoins que vous gardiez en mémoire qu’au moment de son écriture, diverses catastrophes naturelles avaient touché la planète. Comme le séisme meurtrier qui avait eu lieu à Haïti par exemple. Donc pour moi, 1000 vents, 1000 violoncelles prenait encore d’avantage tout son sens.

Alors qu’aujourd’hui de nombreux élans de solidarité se forment à travers le monde entier pour venir en aide aux sinistrés de catastrophes naturelles de plus en plus importantes, Hideko ISE, avec son trait artistique si particulier et si reconnaissable, nous apporte avec cet album jeunesse 1000 vents, 1000 violoncelles une certaine nostalgie et de l’espoir.

Violoncelliste, dessinatrice, essayiste et traductrice, elle offre par sa sensibilité des albums jeunesse dignes de romans d’initiation et d’apprentissage. Dessinant et écrivant elle-même ses œuvres, elle reçut de nombreux prix littéraires dans son pays.

Cet ouvrage est un hommage aux sinistrés du grand tremblement de terre de Kobe en 1995. L’auteur ne l’ayant pas vécu directement mais étant sur les lieux de la catastrophe deux mois après, fut choquée par l’ampleur des dégâts. Elle ne put en dessiner aucun croquis. Et ce même durant les mois qui suivirent. Ce n’est qu’en 1998, en allant jouer au concert de soutien organisé par des associations qu’elle se libérera de toute cette horreur. Elle décidera d’en faire un album pour enfant. Ceci dans l’idée de transmettre aux gens que l’on peut surmonter un tel traumatisme.

Hideko ISE l’exprime avec une sensibilité véritable et une démarche à la fois poétique et nostalgique. On suit ainsi deux enfants qui apprennent à jouer du violoncelle : l’un n’arrivant pas à un son parfait et l’autre jouant admirablement bien mais avec un son à la fois triste et mélancolique. Alors qu’ils apprennent à se connaître, ils découvriront le lieu de répétition d’un concert de soutien en mémoire des vies perdues lors du tremblement de terre. Ils rencontreront alors un vieux monsieur avec lequel ils joueront, répéteront et chercheront leur but véritable : surmonter la perte d’une chose aimée. Ce n’est qu’en faisant cette recherche de soi et en suivant les répétitions qu’ils arriveront au moment crucial : le concert où 1000 violoncelles retentissent à l’unisson, libérant les musiciens du traumatisme…

Grâce à ses dessins et son texte, admirablement bien adapté au langage des enfants, l’auteure nous entraîne tout au long de l’album vers la libération d’un choc contenu. Ses aquarelles et ses dessins ressemblant à des traits non-finis offrent une touche de légèreté et de liberté qui s’inscrit parfaitement dans l’idée qu’elle veut faire passer. Seule une photo de la catastrophe au milieu de l’histoire souligne par sa dureté et son réalisme le choc de l’événement. Le texte, adapté et simple, permet aux enfants, comme aux adultes, de pouvoir découvrir ce cataclysme avec un regard différent et de mieux l’appréhender. Cela tout en signalant que ceux qui ont survécu sont importants et qu’il faut donc avancer pour eux.

Ce titre fait partie de la collection « Hors Collection » dans laquelle nous retrouvons des titres comme La maison en petits cubes (dans la même lignée). Yosei dans le secret des fées ou encore Lika aux cheveux longs suivent.

Le prix en est donc légèrement plus cher que les autres collections présentes chez cet éditeur. Mais c’est aussi parce que l’édition n’est pas travaillée de la même manière. Ce livre a par exemple un assez grand format paysage afin de rendre honneur au travail de son auteur. Et la qualité est là : les couleurs sont superbement bien rendues. Le touché du papier est agréable, et la couverture cartonnée solide et bienvenue.

Un bel ouvrage à découvrir sur un thème pas toujours simple à aborder.

Les images ont été récupérées sur le site même de nobi nobi! mais aussi sur un autre site : Otakia et un autre blog : Pralinerie. Merci à eux et de respecter leur travail, tout comme celui de l’éditeur. N’hésitez pas à laisser un message si vous connaissez d’autres album dans le même genre. Et si vous souhaitez en discuter d’avantage ! 😉

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