UNE du billet sur La cité des brumes oubliées chez Ynnis Editions
Littérature,  Littérature jeunesse

La cité des brumes oubliées – Ou la petite touche à la Voyage de Chihiro

La cité des brumes oubliées
Éditeur : Ynnis Editions
Collection : Les romans qui ont inspiré…
Auteur : Sachiko KASHIWABA
Genre : jeunesse, fantasy
Date de sortie : 13/10/2021
Prix : 12,90 €


Résumé / Synopsis du livre

Partie seule dans un lieu reculé pour les vacances, Lina se perd dans un épais brouillard. Lorsque la brume se dissipe enfin, la jeune fille découvre au cœur de celle-ci un village incongru… peuplé de personnages mystérieux et hauts en couleur.

Coincée dans la pension d’une vieille mégère à la tête bien trop grosse, Lina va alors devoir travailler dans des boutiques plus extravagantes les unes que les autres pour regagner sa liberté au cours d’un voyage d’apprentissage rythmé par des rencontres inoubliables.
(Source : Ynnis éditions)

Avis sur le livre

Ici je souhaite vous parler d’un roman jeunesse, plutôt réputé au Japon, d’une écrivaine connue sur le sol nippon. En effet, Sachiko KASHIWABA est célébrée pour ses romans à destination des jeunes. Vous n’êtes pas sans savoir à présent que le réalisateur Hayao MIYAZAKI a pioché bon nombres d’inspiration pour ses films dans des romans. L’un de ses films les plus connus à travers le monde entier n’y fait pas exception : Le Voyage de Chihiro.

Sachiko KASHIWABA © Ynnis-éditions

Depuis la sortie du film, nombreux sont ceux qui l’encensent et qui lui trouvent encore aujourd’hui nombre de facettes à explorer ou détailler ! Pourtant, pour ce film, le célèbre réalisateur du studio Ghibli s’est fortement inspiré d’un roman jeunesse japonais : La cité des brumes oubliées. L’ouvrage sort en 1974 sous le titre Kirino mukono fushigina machi et est récompensé par le prix Kodansha des nouveaux écrivains jeunesse. Hayao Miyazaki s’est donc penché sur un premier roman pour façonner son célèbre film et créé son héroïne.

Chihiro n’est donc pas arrivée par hasard dans l’esprit du réalisateur, mais bien à la suite de sa lecture de La cité des brumes oubliées. L’écrivaine y narre le quotidien fantastique que va vivre une japonaise de dix ans, durant un été. Lina est en effet envoyée par son père en vacances dans un lieu reculé du Japon, dont elle apprend l’existence cet été-là. Un endroit entouré de brumes et mystérieux mais où la magie au final siège. La jeune fille s’en rend bien vite compte alors qu’elle arrive à l’auberge d’une vieille mégère à la grosse tête, Mme Picotto. Cette dernière la somme d’ailleurs de travailler pour pouvoir être logée et nourrie.

Un peu désemparée de prime abord, Lina prend sur elle. Si elle doit travailler, elle le fera donc. Cette dernière finit par se faire quelques amis. Elle commence par sympathiser avec Mr Icchan, un homme tout mince, débordé par son travail. Celui d’alimenter de grosses machines en charbon. Puis elle sympathise avec John le cuistot et fin cordon bleu de l’auberge. Seule Mme Kinu reste discrète et dans son coin, s’occupant des lessives.

Très vite Mme Picotto lui trouve du travail. Lina s’en va donc jour après jour découvrir le quotidien de la rue extravagante de ce petit village. Elle comprend que la magie y a une place importante. Et petit à petit, de rencontres en aventures, Lina se fait une place. La jeune fille, en guise de travail, donne un coup de main aux habitants, les aidant à régler certains soucis personnels au passage. On découvre aussi son caractère cachée. Lina paraissait en effet timide au premier regard. Pourtant bien vite, elle se montre dégourdie et très sociable, voire déterminée !

On se retrouve ainsi face à un petit brin de femme qui s’épanouit. Ce récit, qui se lit bien vite, nous dépeint l’ouverture d’esprit de Lina. On y perçoit une évolution certaine dans son esprit et dans son rapport aux autres. Les personnes qu’elle rencontre, hautes en couleur, parachèvent le tout et offrent un beau récit. C’est de la pure jeunesse comme on les aime avec juste ce qu’il faut de magique.

Inspiration ghibli : explication

Mais alors pourquoi annonce-t-on que ce roman a inspiré Hayao MIYAZAKI pour Le voyage de Chihiro ? C’est assez simple à répondre : Lina, c’est la clé de compréhension. Je ne vous ai pas tout décrit ni expliqué, car la lecture d’un roman doit se savourer seul. Mais la personnalité même de Lina, on peut la retrouver aisément dans Chihiro/Sen.

Attention cependant : on indique bien ici qu’il s’agit d’une inspiration, pas d’une adaptation ! Car la nuance est cruciale. Ce livre montre les prémices du film, mais rien n’est identique ! Le réalisateur en a fait sa propre version, avec ce qu’il a lu et eu entre les mains. On peut ressentir certaines inspirations dans le choix des personnages du film. Exemple : Kawaji qui travaille dans l’ombre des bains pour offrir de l’eau chaude, oui il y a du Mr Icchan dedans. Mais cela s’arrête là : à peine une petite ressemblance, plutôt dans le travail. Autre exemple : Yubaba, on peut certainement le dire : Mme Picotto lui ressemble.

Aussi bien dans le physique que le caractère, mais là aussi cela s’arrête là. Les tenants et aboutissants sont clairement différents et heureusement d’ailleurs ! Autre exemple, et le dernier que je fournirai : le personnage de Lin, on peut imaginer que c’est le personnage de Nata dans le livre qui l’a inspiré. Bref, l’ambiance générale est proche, certains personnages aussi dans l’idée, mais rien de plus. La cité des brumes oubliées est un roman à lire seul. Et à enregistrer pour ce qu’il est : un roman jeunesse. Pas besoin de chercher des comparaisons dans chaque page. S’il y en a, elles vous sautent aux yeux lors de la lecture.

Conclusion

Vous l’aurez donc compris. Ce titre jeunesse à retrouver chez Ynnis éditions, est un livre unique. Il doit être lu pour ce qu’il est : un joli titre jeunesse nippon. On y retrouve de l’aventure, de la magie, du questionnement, de l’enchanteur. On suit avec plaisir l’été de Lina loin de chez elle, bousculée dans ses habitudes.

Le livre se lit très facilement et rapidement, et on y aperçoit ce qui a clairement plu à Hayao Miyazaki. On y retrouve en effet tous les ingrédients qui représentent le studio Ghibli. Une bonne manière de continuer de s’émerveiller autrement et retrouver son âme d’enfant. Une belle lecture que je recommande à tous ! Un beau moment d’évasion le temps de quelques pages.

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